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Un peu d'histoire |
Homophone de l'île de Batz ou Enez Vaz sur la côte nord de la Bretagne, le nom du Bourg Batz, Baaz en 1316, n'a pas d'origine ni de sens établis. Il est noté en premier, Bafus et Bado insula par le moine Ermentaire dans la rédaction d'un miracle de Saint Philibert. [...] L'existence d'une population bretonne sans doute implantée dans les lieux dès le VIe siècle, est confirmée par le cartulaire de Redon. [...]
A la fin du Xe siècle, après les invasions scandinaves, l'île de Batz ou Bath Uuenran est donnée "avec ses dépendances" par le duc Alain II dit Barbe Torte à l'abbé Jean, supérieur de l'abbaye de Landévennec (Finistère), en remerciement de son action diplomatique auprès des Normands. Vers 950, de retour d'exil de Montreuil-sur-Mer, les moines bretons prennent possession de leur nouveau domaine pour y établir [...], un prieuré placé sous le patronnage de Gwennolé, fondateur et premier abbé de Landévennec. Malgré la distance qui sépare la maison mère du prieuré de Batz, l'influence de l'Abbaye sera considérable pendant tout le Moyen Age et pratiquement jusqu'au milieu du XVIe siècle. [...] Malgré l'âpreté de la vie sur ce bout de littoral tributaire des échanges maritimes, les habitants sont déjà nombreux à la fin du Moyen Age sur le territoire de Batz. Ils se répartissent entre un bourg paroissial ou s'agglomèrent maisons priorales et maisons cossues des notables et un ensemble de villages qui se développent sur des affleurements rocheux ou aux carrefours de la voirie du cadastre antique. Les bâtiments trahissent une certaine aisance des habitants car la plupart des maisons aux courtils enclos de murs est couverte d'ardoise plutôt que de glé (chaume). [...] Les plus gros hameaux sont Trégaté dont la fondation remonte au Haut Moyen-Age et surtout Kervalet (Kergouallec en 1452), village qui naît et se développe entre les Xe et XIIIe siècles, lors de l'expansion du salin de Batz en direction du traict. Déjà important, Kervalet s'affirme comme un second Bourg lorsque dans les dernières années du XVe siècle les plus notables bourgeois semblent quitter Batz pour le Croisic en plein essor et qu'une chapelle dédiée aux quatres Evangélistes [Saint Marc de Kervalet] y est édifiée. [...] Témoins de la ferveur religieuse [Chapelle du Mûrier, église Saint Guénolé...], de l'identité culturelle et de la vie quotidienne des habitants de l'ïle de Batz, architecture vernaculaire et édifices du passé attestent aussi d'une prospérité économique qui pour l'essentiel s'est construite du IXe siècle au XXe siècle, sur la récolte et le négoce des sels marins. [...] Mais en 1806, Napoléon crée un nouvel impôt sur le sel. En fait, la nouveauté est que la taxe est perçue à la source de production et que les brigades de douaniers sont chargées de surveiller nuit et jour les accès au marais. Cette décision plonge les paludiers dans la misère. En 1817, sous la Restauration, la troque [droit d'échanger du sel contre des céréales qui existait depuis 1420] est rétablie sans apporter de vraie amélioration au sort des paludiers. Alors que le Blocus Continental a définitivement ruiné le commerce internationnal du sel, la concurrence des sels du Midi et de l'Est se fait de plus en plus sentir. Elle gagne les circuits commerciaux traditionnellement approvisionnés par les sauniers dont le trafic était le seul moyen de subsistance. Cause de fraude et de délinquance, la troque est supprimée en 1862. [...] Au milieu du XIXe siècle, l'île de Batz est donc à un tournant de son histoire. L'activité salicole est en crise. On attend beaucoup de l'arrivée du Chemin de Fer qui permettrait de redynamiser le commerce du sel. [...] Dans la seconde décennie du XIXe siècle, le tourisme balnéaire fait son apparition et le rivage entre l'embouchure de la Loire et la Pointe du Croisic est colonisé par des "chalets" parfois luxueux. [...] Le mouvement du tourisme balnéaire s'amorce d'abord timidement pour connaître un essor considérable après 1879, lorsque la ligne de chemin de fer de Paris à Saint-Nazaire est prolongée jusqu'au Croisic. Contre l'attente des paludiers qui souhaitaient voir la gare implantée au village de Kervalet, le conseil municipal décide de la placer près du Bourg. La décision est révélatrice des orientations de développement économique des édiles. L'année suivante, comme pour consacrer l'évenement, a lieu la première "Assemblée de Batz". Les trains bondés y amènent des baigneurs résidants dans les environs. Ils sont venus assiter au défilé de chars fleuris montés de paludiers et paludières habillés d'anciens costumes du pays. Le succès est tel que depuis plus de cent ans, assemblées, cavalcades, et pardons paludiers se succèdent chaque été. Mais dès 1870, le grand costume de cérémonie qui distinguait les habitants et faisait l'admiration des premiers voyageurs, n'est pratiquement plus porté. Moins spectaculaire mais sans nul doute manifestation plus profonde de la double appartenance des paludiers au monde rural et à la Bretagne, la langue bretonne encore parlée dans de nombreux foyers des villages de Trégaté et de Roffiat, tend à disparaître. Comme on évite de l'apprendre aux enfants , la langue devient celle de quelques anciens. Les derniers locuteurs à l'avoir pratiquée, se sont éteints en 1960 et 1970 [...] Dans un même élan de découverte, Batz et le Croisic attirent de nombreux artistes en quête de paysages ou d'exotisme breton tels les peintres Amédée Servin, Alfred Darjou, John Lewis Brown, François-Hyppolite Lalaisse, Adolphe Midy, Eugène Grandsire, Charles Leduc, Charles-Marie Leroux, Charles Toché, Charles de Tournemine, Charles Fortin, Charles-Emile Jacques, Gustave Brion, Louise Landré, Auguste Toulmouche, Henri-Charles Laudrin, Henri et Eugène Picou, Camille Corot, Jules Monfort, Emerand de la Rochette, Jules-Elie Delaunay, Eugène Boudin, Maxime Maufra, Fernand Loyen du Puigaudeau ou Jean Emile Laboureur... pour ne citer que les plus fameux. [...] De la rencontre des villégiateurs et des paludiers qui boulverse en profondeur territoire et mentalités, va naître un des premiers Musées d'Arts et traditions Populaires de France. Le Musée des anciens costumes en 1887à l'inititive d'Adèle Picho, une femme éclairée et imprégnée des traditions populaires de son enfance. Son oeuvre sera poursuivie par Pierre Deniel , Fancis Desmars puis Ananie Lehuédé. Extrait de "Histoire et Patrimoine culturel de Batz-sur-mer"
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