La date de création des marais de Guérande est incertaine,
mais à la fin du XVe siècle, les salines (installations dédiées
à la fabrication du sel) existaient déjà telles que nous les voyons
aujourd’hui.
La technique est quant à elle antérieure au IXe siècle et apparaît
probablement, entre la fin de l’indépendance gauloise ou la conquête
de César et les Invasions Barbares du IVe siècle après J.C.
Explications techniques :

"pour forcer une nature ingrate, les hommes d'ici ont conçu
et édifié le long d'étiers, anciens chenaux naturels, un ensemble
de bassins matérialisés par des "fossés" en tenant comte des
niveaux des plus hautes et des plus basses mers. A la faveur
des marées hautes de pleines et de nouvelles lunes, la mer est
d'abord retenue dans une "vasière". Le volume introduit permet
de produire du sel pendant quinze jours, voir un mois, laps de temps
compris entre deux marées de vives eaux au bout duquel le bassin
est réalimenté en actionnant une vanne à pelle. Puis de ce château
d'eau de décantation, elle est conduite par la seule déclivité artificielle
du terrain jusqu'aux "oeillets", derniers compartiments de la saline. Selon les expressions consacrées, l'eau
est "mise à tourner" ou à courir". Canalisée par des levées d'argile ou "ponts", elle traverse successivement,
"cobier",
"tour d'eau", "fards", et "adernes". Grâce à un système de prises d'eau rudimentaires mais efficaces,
le paludier [exploitant des marais] module la hauteur de la couche liquide qui circule en permanence sur les bassins de chauffe en tenant compte des conditions atmosphériques. Ainsi, l'eau peut-elle chauffer jusqu'au "adernes" et se concentrer en sel. De ces réservoirs de saumure, elle est dirigée vers les "oeillets" où le chlorure de sodium précipite lorsque le liquide atteint le seuil de saturation (280 / 300 grammes de sel dissout par litre). Il donne alors sur le fond d'argile des cristallisoirs du gros sel, "tiré au lasse", rouable au manche démesuré, et par vent d'est du "sel menu", "cueilli" à leur surface à l'aide d'une "lousse", production commercialisée dès 1939 sous le nom de "fleur de sel"."
In"Histoire et Patrimoine culturel de Batz-sur-mer"
Gildas Buron conservateur du Musée des Marais Salants.
La prospérité économique de l’Ile de Batz (qui regroupait les communes du Croisic et du Pouliguen) s’est construite du IXe au XXe siècle sur la récolte et le négoce des sels marins.
Aujourd’hui 230 familles du Pays Guérandais vivent de sel. Elles exploitent plus de 8000 œillets et produisent en moyenne et par an 12 000 tonnes de gros sel.
(Cartes postales : collection Gildas Buron - Jacqueline Nicol - Louis Fillaud)




